Démarche
Ma
recherche se situe à mi chemin entre le dessin et la peinture. Mon
univers pictural emprunte à l’univers de la bande dessinée, et
évoque également l'estampe japonaise : perspective en paliers
bidimensionnelle, palette chromatique, stylisation…
Dans
mes toiles émergent des paysages où la frontière entre intérieur et
extérieur s’amenuise, je tente de susciter chez le spectateur un
sentiment mixte entre vulnérabilité et dérision. En décrivant des
amoncèlements, je veux accrocher le regard, le confondre...le
maintenir entre séduction et répulsion. Les corps se retroussent,
les formes s'achèvent dans un entre deux, des formes bâtardes dont
on ne saurait dire si elles sont fibreuses ou rugueuses, lisses ou
visqueuses.
Je
suis fascinée par la récurrence de motifs formels présents dans
l'univers à l'état végétal, minéral, organique et à des échelles
variables, du macro à la vue du ciel. L'ambiguïté des formes ouvre
un champ d'interprétations infini, que j'articule avec les idées de
fragmentation, de mutation, d'hybridation ou encore de rebus …Ainsi,
des éléments de mes compositions suggèrent tantôt un sac de nœuds,
les rainures du marbre, ou de la chaire coupée…
La
composition de mes gouaches est dictée par l'ajout d'éléments sur la
surface du papier blanc, les éléments émergent de mon inconscient de
façon intuitive, sans préparation préalable. J’ai développé un
vocabulaire visuel basé sur le corps, en particulier celui de la
femme, d'avantage contraint par les impératifs naturels que l'homme.
Des questions sont soulevées dans des tensions contraires : la
beauté versus la bestialité, le pli et les replis physiques et le
surgissement de visions psychiques…
Parcours
Julie
Curtiss vit et travaille à Paris. En 2004, elle est lauréate du 10ème
prix LVMH des Jeunes créateurs et complète sa formation à l'Art
Institue de Chicago. Après l'obtention de son diplôme en 2006, elle
part vivre pendant un an au Japon (Tokyo) et trouve une source
d'inspiration dans la scène artistique et la culture locale.